télémétries #3, Montréal

une extension de télémétries, artistes et télévision



David Ortsmann

Une minute de silence vidéo, couleur, son, 1 min. 2000

Pendant une minute est montée en boucle (dans une continuité parfaite, ce qui rend le point de montage invisible) une très courte séquence au cours de laquelle la présentatrice du JT de TF1, Claire Chazal, inspire. Plan-séquence étouffant, tout ce que le JT représente est transformé, dans un raccourci réellement saisissant (une sorte de noyade cathodique). Une mécanique si bien rôdée, plastique parfaite et pourtant qui ne produit que de l’air…

Raphaël Boccanfuso

Défendre son point de vue monobande couleur, sonore, 9 min. 30 1997

Cette pièce, filmée caméra à l’épaule, à la manière d’un reportage de Journal télévisé, est une « action » réalisée au cours d’une manifestation de catholiques intégristes à Paris. Raphaël Boccanfuso, une main ouverte devant la caméra, marche à contre-courant des manifestants, intégrés de fait à l’action, acteurs malgré eux. La forme de cette vidéo est directement issue de l’esthétique télévisuelle à laquelle elle emprunte notamment le cadrage et la « mauvaise qualité d’image » chère aux actualités télévisées, où une image qui n’est pas propre est ce qui témoigne de la réalité de l’événement

Loïc Connanski

Nénesse Café 2 min. Adidas 3 min. monobandes couleur, sonore, 1995

Ces vidéos, quasi dadaïstes pour certaines, que le réalisateur qualifie de « saynètes sociologico-métaphysiques », détournent des logiques télévisuelles par l’absurde, le presque-rien. Reprenant l’esthétique du reportage du journal télévisé (Adidas) ou encore de la logique programmatique du flux et de l’info (Nénesse Café), les vidéos de Connanski grossissent le trait. Tout habillage a disparu, ne reste que les procédés et la structure, cette fois dissimulés sous une évidence caricaturale, trop visible pour qu’on s’y laisse prendre.

Klaus Scherübel

a Sitcom 4 min. 25 2003 Cette pièce examine le code du sitcom et révèle les mécanismes qui façonnent les attentes et les réactions du public.

Thomas Barbey

Vitrines 1min. Capital beauté 3 min. 2000 et 2002

Vitrines est une de séquences extrêmement courtes montées en un rythme effréné. Montage de ces moments où le décor d’un jeu télévisé s’ouvre pour dévoiler la marchandise gagnée par les candidats. Capital beauté, de son côté, enchaîne les séquences au cours desquelles la marchandise est montrée, proprement désignée par celle (toujours un personnage féminin) qui la présente d’un doigt parfaitement manucuré.

Germain Huby

Germain fait sa télé, # épisode 6 : Les informations (l’insécurité) et Germain fait sa télé, # épisode 1 : Urgences monobandes, couleur, sonores, 3 min. chaque 2000-2002

Série réalisée pour l’émission « Die Nacht/La Nuit » de Paul OUAZAN -Atelier de Recherche d’Arte France - © Arte France. L’auteur incarne un personnage, un Monsieur tout le monde, mais qui ne s’exprime qu’avec les voix des protagonistes de la télévision. « Ce personnage un peu fou, possédé par la télévision, incarne à l’extrême la fascination que nous avons tous (à différents degrés) pour ce médium. »

Andrej et Julia Velikanov

Some like it sugar Monobande, couleur, sonore, 4 min 1999

Regard sur le corps de la femme-objet à travers des images de publicité télévisée, montées dans un mixage déjanté. Dédié à Dimitri Shostakovitch.

Sabine Massenet

Le meuble italien monobande, couleur, sonore, 5 min. 2003 et 360 degrés de bonheur 4 min. 2003 Deux travaux autour de la publicité. Le meuble ici est celui d’un système home cinéma, écran plat et son surround, image fixe et grise dans laquelle la réalisatrice zoome. Alors apparaissent ces merveilleuses images de chevelures (issues des publicités de produits capillaires) toutes différentes mais toutes magnifiques, objets supposés et/ou réels du désir, métonymies de la beauté physique, du désir sexuel, séquences métaphoriques de l’économie pulsionnelle de la télévision. 360 degrés de bonheur présente les images léchées proposées au désir de tous.

frédéric dumond

téléfictions #3 (2003) video, couleur, son, 3’40 téléfiction #5 (2005) video, couleur, son, 2’30 Les téléfictions sont un ensemble de pièces vidéos réalisées à partir d’émissions télévisées, principalement de séries américaines. Courtes vidéos où chaque personnage se passe la parole. Se construit alors un récit poétique, mental, suppléant à un sens commun des fragments de pensée. Ce sont des poèmes audiovisuels dont la perception est au premier abord parasitée par les changements constants de plans et de tonalités. Mais une cohérence visuelle et auditive émane cependant de ce faux zapping minutieusement écrit, reconstituant ainsi un double sens critique, où les modes d’écriture et le niveau de langue de la télévision se réorganisent autrement.

Norbert Godon

Affinités électriques Monobande couleur, sonore, 10 min 12 2007

« On prend une loupe pour regarder les visages des célébrités politiques qui apparaissent sur un écran (…) et on découvre alors la disparition des visages qui n’ont pas de chair, ne sont que des points de lumières illusionnistes, de la même manière que l’image perçue au travers des campagnes n’est qu’une illusion produite par la somme des petites informations éparses que répandent les médias ; si on se rapproche, tout se défait… Il y a les trois couleurs qui font l’image vidéo (Vert/Rouge/Bleu) et les couleurs des trois partis dominants (Vert/Rouge/Bleu) qui, dans les deux cas, permettent de donner l’impression que toutes les couleurs sont présentes, que tous les choix sont offerts… »

Julien Gourbeix

Mes chers ce soir 5 min. 2007, couleur sonore texte écrit et lu par Emmanuel Adely

Sur les images de la journée du 6 mai 2007, deuxième tour des élections présidentielles françaises. Déconstruction de la représentation médiatique du pouvoir. En liaison avec un texte de l’écrivain français Emmanuel Adely, Suite pour violence visuelle n°2.

Hakeem b

Je dis comment faire monobande couleur, son, 3min. 10 2002 avec Khalil

Une image « sale », comme une mauvaise captation avec un mauvais camescope, quelque chose qui ressemble aux images en circulation sur Internet, ou aux bandes qui sont envoyées à certaines chaînes du Moyen-Orient puis diffusées en Occident… Et puis la chute, qui immédiatement remet en situation et sape les mécanismes des a priori, des jugements hâtifs, des analyses fondées sur l’ignorance et véhiculées par une machine médiatique prompte aux amalgames.

Edouardo Menz

Las Mujeres de Pinochet 12 min. 2005

On décortique dans cette pièce les structures de classe et la signification de la beauté à travers l’histoire oubliée de deux femmes pedant le régime brutal de Pinochet vers la fin des années 80…

Christian Barani Alleluia monobande couleur, son, 3 min s 2006 La télévision est l’outil du direct : retransmissions d’événements sportifs, le JT, commémorations, temps forts politiques, messes, etc. Elle se présente comme le média qui permet d’assister en temps réel à « l’événement ». C’est au prix d’une lourde régie (moyens techniques et humains). Alleluia filme le dispositif technique, le hors-champ de la télévision, la savante orchestration des moyens humains et robotisés qui permettent de suivre « l’événement ».

 
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